Attention, c'est long !!!
De retour à Bali après une virée javanaise d’une grosse semaine. Un bus de nuit (un de plus…) nous mène de Denpasar, capitale de Bali jusqu'à Yogyakarta sur Java. Quelques 700kms, une traversée en ferry pour changer d’île et une nuit encore difficile due à une conduite un tentiné sportive. Nous arrivons à 6h à Yogya et nous partons une fois de plus à la recherche d’une guesthouse. L’Australie et la Nouvelle-Zelande arrivent à grand pas ce qui entraînera un changement de niveau de vie assez radicale. Il faut donc que nous profitions des bas prix des hôtels en Asie. Nous optons donc pour la chambre semi luxe (pas d’eau chaude… mais pour se rafraîchir c’est tant mieux…) dans un charmant hôtel avec piscine pour la modique somme de 8 euros pour 2 avec petits déjeuners inclus. Nous visitons le quartier du Kraton, village dans la ville, qui entoure le palais du Sultan de Yogya. Puis retour à l’hôtel pour une sieste bien méritée sur les chaises longues au bord de la piscine sous les doux rayons du soleil de fin d’après midi. Nous sommes réveillés par les appels à la prière des muezzins. Un bon souvenir d’il y a quelques mois, à Barhein…
Le lendemain nous louons une motobike (nous battons notre record de prix pour une location de moto à 1,50 euros la journée…). Et nous voilà parti pour une 100aines de kms de bitume javanais. Direction les flans du volcan Merapi qui domine la plaine de Yogya. Malheureusement les nuages bouchent la vue du monstre (l’un des volcans les plus dangereux d’Indonésie). Altitude : 2911m. Activité permanente avec nuée ardente. Escalade interdite.
Nous poursuivons vers Borobudur, plus grand monument bouddhique au monde. Construit au milieu des rizières et des palmiers, avec en arrière plan le Merapi, Borobudur en impose grave. Seul petit bémol, nous, « boulets » (terme désignant les blancs en Indonésien) devons débourser 10 $ soit 10 fois plus que les locaux pour profiter du lieu. Ce fut après une longue négociation avec le guichetier que nous réussissons à ne payer que 12 $ pour nous 2. Pas mal jouer… Quand on dit que tout se négocie en Asie, c’est vraiment vrai… On négocie tout, tout le temps, avec parfois de bonnes victoires (passer de 80 000 Rp à 20 000 Rp pour un souvenir… Un de nos records…). Nous rendons notre motobike, bouclons nos sacs, dînons puis repartons en pousse-pousse chargé à raz pour la gare. Ils ont de sacrées bonnes cuisses les pousse-pousseurs : près de 200 kgs de charge plus son velo à faire avancer en montée derrière des bus préhistoriques crachant une fumée noire bien épaisse. Espérance de vie du mec : 50 ans. Niveau de vie : miserable, dort sur son pousse-pousse la nuit. Et là encore nous avons négocié comme des chefs avec le pousse-pousseur : de 1 euros la course de 45 min nous négocions avec brio à 50cts pour nous deux. Et oui on ne lâche rien…
Nouvelle nuit dans les transports, cette fois ci dans un train entre Yogya et Malang, donc nouvelle nuit difficile. Retard d’une 1h au démarrage (on part à 2h30 du mat’… Dur, dur l’attente sur le quai…), réveil toutes les 30 min pour cause de mal aux fesses, mal au dos, congélation partielle due au froid polaire qui règne dans le wagon… Bref nous arrivons frais et dispo à 8h du mat’ et enchaînons sur une journée complète de bus puis minibus qui nous monte à 2000 mètres vers le volcan Bromo. Le trajet est fun, on roule verticalement. L’arrivée au sommet est féerique, la vue du bord de la caldeira sur le Bromo crachant sa fumée, sur le Batok à la forme parfaite et sur la mer de sable tellement plane… Un paysage lunaire somptueux. Dodo à 21h, nuit froide, réveil 3h. Nous partons en Jeep assister à la cérémonie du lever de soleil sur le Bromo. Nous escaladons en voiture jusqu'à 2700 m pour arriver au plus beau panorama que nous aillons vu : une enfilade de volcans sortant des nuages, dont Bromo et Batok, avec en arrière plan le maître, le big boss, le majestueux Semeru qui du haut de 3680 m domine la scène. Clou du spectacle, le boss crache toute les 20 min en moyenne une volute de fumée de ses entrailles… Magnifique…
Nous poursuivons le lendemain vers notre 3eme et dernier volcan indonésien, le Kawah Ijen. Le couple Kraft a du souci à se faire… Nous rejoignons un groupe franco-germano-suisse avec qui nous effectuerons la boucle qui doit nous reconduire à Bali. Nouvelle journée complète de minibus. Arrivée tardive au pied du volcan. Réveil 4h. Kawah Ijen, visité par Nicolas Hulot il y près de 20 ans, est célèbre pour ses forçats du soufre. Des porteurs descendent au fond du cratère fumant pour extraire des blocs de soufre, et chargés de près de 80 kg, ils remontent le cone et le redescendent jusqu’au pied du volcano. Bien évidemment le tout sans masque à gaz, en tongs ou bottes en plastic d’avant guerre, un panier en bambou et une cigarette au clou de girofle au bec. Chacun effectue 2 aller- retours dans la matinée, soit près de 5h de labeurs, 160 kgs sur la balance et repartent avec 5 euros en poche. Espérance de vie pas ouf… Mais bon ils ne bossent qu’un jour sur deux et que pendant la saison sèche… Limite ça va, tranquille pépères les mecs !!! Pour avoir essayer le « soulevage » du panier (de 10 bons cm tout de même), je confirme, c’est une torture… D’ailleurs leur dos est marqué par le labeur : corne, bosse de chameau, et autres abcès purulents… Sans parler des tassements de la colonne, destruction des chevilles et des genoux… oui docteur…
Le spectacle est fabuleux, un lac turquoise au fond du cratère, les hommes plongeant dans les fumées acides à la récoltant leur or jaune mortel, un cratère aux allures lunaires (encore une fois…). Toppissime.
Nous voila de retour à Bali, à Kuta, au bord de la piscine de notre hôtel, à manger un demi poulet grillé, une quiche au champignon, du Kiri aux herbes et un cake à la banane, acheté au Carrefour de Denpasar… On change vite d’univers… Notre Brice de Nice surf une dernière fois la vague a Uluwatu, le spot pour les vrais surfeurs de Bali, pas ceux qui veulent juste se la raconter sur la plage de Kuta. Des rouleaux de 3 metres, une sortie dans les rochers par une brèche dans la falaise, des courants redoutables, bref un truc pour les durs a cuire d’australie et d’Hawai… Mais aussi pour Melchior de Paris… en bodyboard…
Demain départ pour l’île continent… Départ pour l’Australie… On quitte l’Asie… eh ben…
PS. de la redac : On n’est pas aussi pourri que ça, on a donne finalement 1,50 euros au pousse-pousseur de Yogya…
|